24 juillet 2026
Les chiens errants au Maroc : comprendre la situation
Comprendre la situation des chiens errants au Maroc : causes, programme TNVR, accord de 2019 et rôle des associations. Un regard nuancé et concret pour agir.
Si vous avez déjà flâné dans les ruelles d’Essaouira ou marché le long de ses plages, vous avez sans doute croisé des chiens errants. Au Maroc, ces animaux font partie du paysage depuis très longtemps, au point d’être devenus des habitants à part entière des villes et des campagnes. Comprendre la situation des chiens errants au Maroc, sans caricature ni jugement, c’est le point de départ de toute action utile. Voici l’essentiel sur leur réalité, sur le programme TNVR et sur la place qu’occupent des associations comme la nôtre.
Une présence ancienne, des causes multiples
Les chiens des rues ne sont pas un phénomène récent : ils vivent aux côtés des humains depuis des générations. Leur nombre s’explique par plusieurs facteurs qui se combinent, sans qu’aucun ne résume à lui seul la situation :
- une reproduction non maîtrisée, faute de stérilisation généralisée ;
- des abandons, comme partout dans le monde ;
- une nourriture facilement disponible autour des marchés, des déchets et des quartiers habités ;
- un climat clément qui facilite la survie en extérieur.
Il serait injuste de résumer le Maroc à ce constat. Beaucoup d’habitants nourrissent les chiens de leur quartier, veillent sur eux et les considèrent comme des voisins à quatre pattes. Sur place, la cohabitation entre habitants et chiens est bien plus courante qu’on ne l’imagine. La réalité est nuancée, faite d’attachement autant que de difficultés.
Le tournant de 2017 et l’accord de 2019
Un changement important s’est amorcé en 2017 : le roi Mohammed VI a demandé d’abandonner les anciennes méthodes, comme l’abattage et l’empoisonnement, au profit d’une approche plus humaine et durable.
Cette volonté s’est concrétisée par un accord-cadre signé en 2019, qui réunit le Ministère de l’Intérieur, le Ministère de la Santé, l’ONSSA (Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires) et l’Ordre des vétérinaires. Ensemble, ils portent une stratégie nationale dite TNVR.
Concrètement, comment fonctionne le TNVR ?
TNVR signifie « Capturer, Stériliser, Vacciner, Relâcher ». Les chiens concernés sont :
- capturés avec précaution ;
- stérilisés pour maîtriser la population sur le long terme ;
- vaccinés contre la rage et vermifugés ;
- identifiés par une boucle à l’oreille ;
- puis relâchés là où ils vivaient.
La boucle fixée à l’oreille joue un rôle simple mais essentiel : elle indique, d’un seul coup d’œil, qu’un chien a déjà été pris en charge, afin de ne pas le capturer une nouvelle fois. Cette stérilisation des chiens errants est la clé : plutôt que d’éliminer les animaux, on stabilise durablement les populations tout en protégeant la santé publique, notamment grâce à la vaccination contre la rage.
Des défis bien réels
Un tel programme demande des moyens considérables. Deux difficultés reviennent souvent :
- le coût élevé des campagnes de capture, de soins et de stérilisation ;
- le nombre limité de vétérinaires formés à la stérilisation, surtout hors des grandes villes.
Ces obstacles expliquent pourquoi les résultats prennent du temps et pourquoi le soutien d’acteurs de terrain reste précieux. Le TNVR au Maroc est une démarche de fond, pas une solution instantanée.
Où se situe l’action de Wild Sun
Le programme national agit à l’échelle des populations. Les associations, elles, interviennent au cas par cas, auprès des chiens les plus vulnérables. À Essaouira, Wild Sun Rescue recueille des chiens des rues — errants, blessés ou abandonnés — les soigne, les stérilise, les socialise, puis les accompagne vers l’adoption, souvent en France et en Europe, parfois localement. Nos trois piliers restent simples : sauver, soigner, accompagner.
Ramener un chien du Maroc vers l’Europe suppose des démarches sanitaires précises, qui s’étalent sur plusieurs mois ; c’est aussi pour cela que passer par une association sérieuse fait toute la différence.
Nous ne sommes pas seuls. Un véritable écosystème d’acteurs fait avancer la cause, chacun avec ses moyens :
- La Kasba de Loulou, refuge d’Essaouira qui accueille chats et chiens ;
- Comme Chiens et Chats, réseau de familles d’accueil à Rabat, Casablanca et Essaouira ;
- Help the Street Animals of Morocco (HSAM), à Essaouira ;
- la SPA du Maroc et Morocco Animal Aid, à l’échelle nationale.
Loin de la concurrence, c’est la complémentarité qui compte : autorités, vétérinaires, bénévoles et associations avancent dans le même sens.
Comprendre, puis agir à nos côtés
Mieux connaître la situation des chiens du Maroc, c’est déjà beaucoup. Si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez adopter, parrainer un pensionnaire, devenir famille d’accueil, faire un don ou simplement suivre notre quotidien sur Instagram @wildsunrescuedogs. Chaque geste, même modeste, aide un chien à retrouver une vie plus douce.
Petit quiz
Vous avez tout retenu ? Répondez pour le savoir — les réponses s’affichent au clic.
1. Que signifie le sigle TNVR appliqué aux chiens errants au Maroc ?
Le TNVR consiste bien à capturer, stériliser, vacciner puis relâcher les chiens là où ils vivaient.
2. En quelle année l’accord-cadre national réunissant plusieurs institutions autour du TNVR a-t-il été signé ?
C’est en 2019 que l’accord-cadre a réuni le Ministère de l’Intérieur, celui de la Santé, l’ONSSA et l’Ordre des vétérinaires.
3. Quel tournant important a eu lieu en 2017 ?
En 2017, la volonté royale a orienté le pays vers une gestion plus humaine et durable des chiens errants.
4. Comment reconnaît-on un chien passé par le programme TNVR ?
Après stérilisation et vaccination, les chiens sont identifiés par une boucle à l’oreille avant d’être relâchés.
5. Quel est l’un des principaux défis de ce programme au Maroc ?
Le coût des campagnes et le peu de vétérinaires formés à la stérilisation ralentissent la progression du programme.